Choisit-on son lieu de vie ?

By on 09/01/2017

Coucher de soleil à Varkala. Le soleil me regarde… (Photo : Dominique Jeanneret)

Voici trois semaines que je suis à Varkala, dans le Kerala au sud de l’Inde. J’ai à peine eu le temps de visiter un peu la région. Je suis en cure ayurvédique de deux semaines et je ne peux donc pas partir 2-3 jours par-ci par-là. Je profite de l’endroit, fais de belles rencontres et ai même ouvert une petite boutique en ligne de produits faits à la main ici pour aider des artisans.

J’ai toujours eu le rêve de me mettre à retoucher le monde de « la guenille », comme on dit au Québec, les tissus, les couleurs. J’adore. De 1990 à 1996, j’ai confectionné des vêtements d’enfants que je vendais dans mes boutiques à Montréal et dans les Laurentides. Ça s’appelait Noisette et Chocolat.

En arrivant à Varkala, j’ai remarqué cet artisan, un couturier, qui vend des produits différents. On a sympathisé. J’ai ouvert la boutique en ligne et on n’arrive pas à suivre tellement les draps se vendent vite ! Je ne pensais pas que ça aurait ainsi du succès mais je suis heureuse. Cela correspond à ma « nouvelle vie ».

Je suis venue ici pour hiberner, me reposer, me retirer de la vie courante pour réaligner mes rêves et voilà qu’ils se réalisent tout seuls. C’est comme ça que ça se passe, en fait. Quand on ne s’y attend pas. Sauf que j’ai un « problème » : je ne suis pas censée revenir au Kerala. Je venais juste passer un mois de vacances. Normalement, je vends un lot de produits en ligne, j’envoie aux clients et puis je m’en vais. C’est ce qui est prévu… mais qui semble vouloir se profiler autrement.

Suivre les signes mais avant tout ses feelings

Depuis deux jours, mon ami l’artisan me dit que je dois venir m’installer et passer quelques mois l’hiver ici, une jolie maison louée, des affaires avec lui, de beaux projets. Je lui réponds que notre collaboration est censée s’arrêter le 17 janvier prochain, jour où je pars pour le Sri Lanka. Il répète, insiste, on a du plaisir à travailler ensemble. Il voit aussi bien sûr les belles affaires qu’on peut faire ensemble.

En sortant de chez lui, je passe devant les autres échoppes. Je secoue la main et dis « Hello ! ». Les vendeurs répondent à mon geste avec un sourire en répondant « Hello ! Good morning ! How are you ? ». On commence à se connaître car je passe devant chez eux plusieurs fois par jour. La vie de quartier commence à se créer et j’aime beaucoup. Il s’était passé la même chose l’hiver dernier au village au Sri Lanka. L’impression de devenir peu à peu membre de la communauté. Cela m’a manqué quand j’ai quitté le pays. Spontanément, c’est en train de se recréer ici et j’aime.

Mamma Champoos, le resto en question

Comme à chaque midi, je vais aujourd’hui au resto qui est aussi le siège social du Dr. ayurvédique ainsi que du proprio de la bâtisse de la clinique, du resto en question et de la guesthouse où je suis. Le Dr. me présente une suédoise qui vit six mois par an à Varkala et y fait de jolies choses dans le domaine de la santé holistique. On se met à jaser tous les quatre. J’annonce alors un autre de mes projets, une guesthouse/clinique pour personnes qui veulent venir se ressourcer, recevoir des soins, faire des consultations et/ou des ateliers en coaching et thérapies, etc. Que j’ai besoin d’une maison comme ci, etc.

Le Dr. me dit qu’il sait où est cette maison. Le proprio, retraité du ministère de l’immigration, m’aime bien et me pousse à venir m’installer. Il me répète ça aussi depuis quelques jours, qu’il aimerait tellement que je sois avec eux. Il me dit qu’il peut m’aider à avoir mon visa de résidence. La suédoise me propose une collaboration avec ses produits dans ma boutique… etc., etc… C’est vrai que ce sont vraiment de belles personnes dans les énergies que j’aime et qui me correspondent.

Rien n’est fait mais tout s’aligne tout seul. Sauf que je pensais que ça serait au Sri Lanka que ça se passerait. J’en suis à une heure d’avion, me direz-vous. C’est vrai mais il y a quelque chose qui me manque de ce pays ici. Le bouddhisme. Les moines partout. Leur sourire. Les beaux contacts, la douceur de vivre… L’Inde n’est pas pareille.

Retour en arrière

Quand j’ai décidé d’aller vivre à Genève pour mes études, c’était parce que mon père y vivait. Il est mort quelques mois avant que je m’y installe. C’était en 1981.

Quand j’ai décidé d’aller vivre au Québec, c’était suite à un message de « l’univers » très clair qui me disait que c’était à Montréal que je devais venir vivre. J’ai suivi le courant, les signes, ai pris quelques décisions et me suis retrouvée au Québec avec mon visa de résidence un an après ce message. C’était en 1986.

De Montréal, je suis allée m’installer dans les Laurentides en 1994 pour ouvrir une nouvelle boutique et sortir de la ville. Le lieu s’est trouvé tout seul et j’ai suivi les signes. Trois-Rivières en 1998 pour rejoindre mon amoureux. Québec en 1999 pour le travail. Wendake, la réserve indienne, en 2003m invité par un ami à louer sa maison. J’y ai toujours ma résidence. J’avais pourtant toujours dit « jamais à Québec ! ». En 1998, le travail m’y a amenée puis une rencontre m’a amenée sur la réserve en 2003.

A chaque fois, c’est moi qui prends la décision finale, bien sûr, mais c’est comme si les lieux m’appelaient, m’attiraient, avaient de quoi à me faire vivre.

En 2014, je décide de recommencer à voyager. Je pensais juste passer 3-4 mois par an en Europe pour aller y animer mes stages. J’ai redécouvert le Sri Lanka l’hiver dernier où j’ai passé trois mois finalement bien occupés à toutes sortes de rencontres et d’activités alors que j’avais besoin de repos. C’est pour ça que j’ai décidé de venir passer un mois dans le Kerala, juste pour moi. C’est ce que je fais… et voilà que la vie me propose de nouvelles activités correspondant à mes rêves !

La vie m’amène à de nouveaux ports

Où est-ce que la vie m’amène ? Je sais que je suis en train de trouver un nouvel espace de vie mais avant de décider de m’y installer, j’ai vraiment besoin de sentir que c’est LÀ. Pour le moment, je ne le sens pas encore même si les signes et les gens m’ouvrent les portes. Je ne me sens pas encore tout à fait prête, ne serait-ce que la forme physique qui n’est pas encore tout à fait revenue. Mon corps est encore fatigué.

Je ne sais pas où je vais atterrir. Déjà l’hiver dernier, je n’avais pas vraiment envie de rentrer au Québec mais j’avais des choses à y faire. J’y ai passé des moments très durs en 2016. Le rouleau compresseur n’y est pas allé de main morte. J’ai compris et guéri bien des choses mais disons que je ne l’ai pas trouvé drôle. J’avais besoin de la douceur et de la chaleur du sud de l’Asie.

Cette année, je n’ai rien de prévu au Québec mais des invitations commencent à se manifester. Je suis honorée et touchée. Je pense que je vais avoir du plaisir à aller passer quelques mois au Québec, d’une autre façon, pour y faire d’autres choses, avec une nouvelle énergie. Je ne pense pas m’y réinstaller. Je vais probablement aller me départir de mes meubles, mettre quelques cartons chez un ami et repartir l’automne prochain. Ça semble assez clair. La boucle de mon temps au Québec semble se refermer après trente ans de vie dans ce beau pays. Trente ans de solitude cependant, de beaux moments mais beaucoup de moments durs aussi. Il est temps pour moi de passer à une vie plus agréable.

J’ai aussi besoin de me re-créer un cocon, un chez moi, me réinstaller, même si c’est pour six mois. C’est bien joli de vivre avec une valise dans une chambre mais ce n’est pas chez moi. J’aimerais avoir une jolie maison dans un lieu ouvert, paisible, heureux, où créer mes projets…

Si je regarde ma vie, j’ai l’impression que j’ai fini par choisir des lieux de vie qui semblaient m’avoir choisie avant même que je ne le sache. Que je n’ai pas vraiment choisi mais que j’ai plutôt accepté de vivre là. Que je devais être là.

Comme c’est quelque chose que je connais bien, j’attends donc de savoir où est mon prochain lieu de vie. Il va se manifester bientôt… 😉

Et vous ? Avez-vous eu l’impression de toujours vraiment choisir votre lieu de vie ? Je suis curieuse de connaître vos impressions.

Merci de laisser vos commentaires sous cet article, qu’il reste avec (plutôt que dans Facebook ou ailleurs).

De tout coeur, je vous envoie une brise tiède et douce du sud de l’Inde…

Avec Amour

Dominique

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18 Comments

  1. Annick Lavoisier

    09/01/2017 at 5:52

    Tu es une véritable globe-trotteuse ! Pendant que tu es en Inde, tu pourrais aller voir Swamiji Nithyananda à Bidadi. C’est un Maître, il matérialise, soigne d’un claquement de doigt, élève l’énergie des gens, je ne peux pas détailler, ici, il initie les gens pour en faire autant. Tu le connais peut-être, c’est lui qui, adolescent avait médité pendant 3 ans et plus, sans boire ni manger, les gens venaient malades et repartaient guéris. A cet endroit il a créé son Centre, je ne sais pas trop comment on dit, Ashram peut-être. Amicalement !

    • Dominique

      10/01/2017 at 9:21

      Merci pour l’info, j’y serais bien allée mais pas le temps. Je garde l’info pour une prochaine fois ! Tu y es allée ?

  2. Lucie Boulet

    09/01/2017 at 8:27

    Merci Dominique!!
    Quel beau partage,
    A petits pas , un jour à la fois….

    • Dominique

      10/01/2017 at 9:17

      Merci Lucie ! Bon chemin !

  3. Lise Laliberté

    09/01/2017 at 8:31

    Bonjour Dominique,

    Non je n’ai jamais choisi mon milieu de vie ou je le croyais avoir choisi. Mais il semble que je ne pouvais pas décider toute seule, manque de confiance en moi, etc. Alors la vie m’a amenée ailleurs et je dois dire que je suis bien dans ma vie actuelle (depuis seulement 4 mois). Décider vraiment ce que je veux il me faudrait une grande source financière et pour le moment ce n’est pas possible, mais qui sait dans l’avenir.

    • Dominique

      10/01/2017 at 9:22

      Coucou Lise, ce qui est important, c’est d’être bien là où on est… et de toujours garder ses rêves 🙂

  4. Carole

    09/01/2017 at 9:22

    Bonjour
    Je lis de temps en temps vos messages et j’aime. Celui d’ aujourd’hui me touche particulièrement parce que j’ai changé d’endroit tellement souvent dans ma vie. Comme vous les endroits m’appelaient. Mais je suis toujours demeurée au Québec et Ontario. Je suis présentement en grand questionnement et j’aimerais bien être en Inde aussi hihihi ! Je n’arrive pas à prendre de décision car on dirait que les signes ne se manifestent pas comme avant. Quand vous serez de retour au Québec j’aimerais bien assister à l’une de vos rencontres si vous en faites encore. Bon repos !

    • Dominique

      09/01/2017 at 11:02

      Coucou Carole, ce sera avec plaisir que je vous rencontrerai dans une activité s’il y en a qui s’organisent… Pour le moment, je ne sens plus que c’est à moi de tout organiser alors je laisse aller. Au plaisir et bonne continuation !

  5. BOYER

    10/01/2017 at 12:04

    Bonjour
    Je lis tous les matins vos articles et tout me correspond !
    La lionne qui sommeille en moi a fortement envie de retourner au Sri Lanka (ou j’étais dans les années 80) et aussi au Kérala mais…quelque chose me retient en France, à Nice !!!
    J’ai suivi un stage avec vous en Ardèche et je n’en ai retiré sue du positif alors MERCI pour vos nouvelles quotidiennes et surtout d’être VRAIE et AUTHENTIQUE.
    A bientôt
    Chaleureusement
    Joëlle

  6. JACQUELINE GRENIER

    10/01/2017 at 12:41

    Bonjour dominique
    j’ai lu avec beaucoup de plaisir votre article et moi aussi j’aimerai bien être là bas pour découvrir cette région de l’Inde et ses habitants qui semblent accueillants, gentils, bienveillants.
    merci
    amitié
    Jacqueline

  7. cornec jeanne marie

    10/01/2017 at 5:14

    je viens de livre votre message comme j’aimerai vous accompagner car je suis très fatiguée je combats depuis 2 ans la dépression et la maladie de parkinson de mon mari, nous avons déménagé à côté de mes filles et je me sens pas place, je n’aime pas le lieu où j’habite je ne m’y habitue pas que faire ? mais mes très gros financiers m’ont accompagné dans ce changement de vie

    • Dominique

      10/01/2017 at 9:16

      C’est peut-être un temps de passage… un nouveau lieu plus heureux vous attend.
      Bonne route

  8. valerie civeyrac

    10/01/2017 at 7:10

    Bonjour,
    Je vous lis régulièrement et vos articles m’amène souvent à réfléchir sur ma vie. Mon lieu de vie me plait bien car cela fait 14 ans que j y vit. Pourtant aujourd’hui je ressens une petite lassitude à être là, faire régulièrement les mêmes choses. Et je vous envie d avoir souvent des signes pour vous aider dans vos décisions. Je crois en ces signes mais n en voit aucun en ce qui me concerne. Donc je reste ou je suis, dans ce que je fais, de peur de me tromper…….
    Cordialement

    • Dominique

      10/01/2017 at 9:14

      Quand vous en aurez vraiment assez, la décision se prendra dans votre coeur de changer de lieu pour en trouver un où vous serez heureuse et tout se placera alors pour que ça se réalise…
      Bonne route !
      Bien cordialement

  9. Valsou

    10/01/2017 at 11:43

    Bonsoir,
    Je reçois vos publications régulièrement et cest tres intéressant.
    Connaissez vous Amma. En tous cas si vous ne l’avez vue je vous encourage vivement à aller la rencontrer. Son ahsram est à Amritapuri. Ce n’est pas très loin de varkala. Si vous venez faites moi signe , j’y suis jusqu’au 18 janvier.

    • Dominique

      10/01/2017 at 8:56

      Bonjour, j’ai hésité à y aller, cela m’aurait fait plaisir mais quand j’ai vu les bâtiments sur la photo puis rencontré une dame qui y est allée, j’ai préféré rester à Varkala. J’aime être tranquille… Bon séjour !

  10. Nancy

    12/01/2017 at 9:58

    Bonjour Dominique,
    J’aime beaucoup vos articles, que je lis régulièrement, qui sont comme le petit coup de pouce de recentrage ou de sourire, dans les moments de flottement…
    Pour ma part, j’ai une expérience particulière, qui précède celle de l’appel d’un nouveau lieu.
    Je l’ai expérimentée la première fois, sans la comprendre, alors que j’habitais la maison familiale que j’avais fait construire et que je pensais habiter toute ma vie…
    J’arrivais un jour dans l’avenue de mon quartier, et j’ai très clairement ressenti un abaissement de la luminosité (sans aucun rapport avec la météo extérieure) comme un voile gris qui se dépose sur le lieu. J’ai compris plus tard qu’il s’agissait d’une chute vibratoire, car la sensation s’est accompagnée d’une perte de repère(« qu’est-ce que je fais là? »)et d’un fond de tristesse, de détachement.
    Quelques mois plus tard, je déménageais…
    Aujourd’hui, j’habite une maison pour laquelle j’ai eu le coup de cœur, j’ai justement été attirée par sa clarté, son espace, sa beauté…
    Mais voilà, alors que j’y ressentais un merveilleux sentiment de réconfort à mes retours de voyage, depuis un mois environ, j’ai ressenti le voile gris se déposer à nouveau, avec surprise et regret, car j’ai beaucoup investi et aimé ce lieu, et de plus, cela se produit avant toute nouvelle perspective…
    Sans doute un message de mon âme, de la Vie, pour me préparer à une nouvelle étape?!
    Bienvenue dans le sud de la France, Dominique, avant que je ne m’envolle vers d’autres cieux…J’envisage d’ailleurs le sud-est asiatique, au moins en vacances, qui m’attire aussi davantage que l’Inde, que je connais.
    Bonne fin de séjour 😉

    • Dominique

      19/01/2017 at 8:32

      Bonjour Nancy,
      merci pour vos beaux mots qui me touchent, c’est très apprécié et je suis toujours très heureuse d’apporter de petits bonheurs quelque part.
      Je vous comprends très bien, sur tout ce que vous dites. On est bien et la vie nous amène ailleurs. Notre destin ? Une nouvelle étape sûrement. Moi aussi, j’envisage l’Asie comme nouvelle résidence quelques mois par an mais je ne sais pas ce que la vie me réserve. J’ai eu des signes et des offres au Kerala mais j’aime mieux l’énergie du Sri Lanka… On verra.
      Bonne continuation et plein de bonheur !