Les plantes, les hormones et la fertilité

By on 21/03/2014

Par Louise Lagacé, naturopathe et herboriste.

L’infertilité, à qui la faute?

Couple Relaxing at the BeachCause majeure de désarroi chez les couples, on a longtemps imputé la responsabilité aux femmes dès qu’un couple n’arrivait pas à concevoir un bébé. Aujourd’hui, on sait que l’infertilité n’est pas exclusivement féminine. Elle représente 40% des cas, celle des hommes aussi 40%, celle due aux deux partenaires, 10% et il reste un 10% inexpliqué mais les scientifiques qui se penchent sur cette question soupçonnent que les perturbateurs endocriniens qui augmentent sans cesse dans l’environnement, y compris dans l’eau et les aliments que nous consommons, y sont pour quelque chose.

À l’heure actuelle, l’infertilité est généralement définie comme l’inaptitude à concevoir après de six à 12 mois de tentatives. Depuis les 25 dernières années, les problèmes de fertilité augmentent sans cesse. Sur l’ensemble des couples, on estime qu’environ 20% ont du mal à concevoir un enfant donc, un couple sur cinq. La baisse de spermatogenèse causée par les perturbateurs endocriniens serait une donnée du problème, mais l’augmentation de l’âge de la maternité est également un facteur déterminant, car la capacité de fécondation des femmes décline après 30 ans alors que des ratés au niveau de l’ovulation laissent déjà présager la périménopause. De plus, certains problèmes féminins, tels l’endométriose et les fibromes, qui au cours des dernières décennies sont devenus une véritable épidémie, ont également un impact majeur sur la fertilité des femmes.

Outre l’irrégularité ou l’absence d’ovulation, l’usage d’anovulants durant plusieurs années et l’exposition aux produits chimiques (perturbateurs endocriniens), il faut ajouter le tabagisme, les toxicomanies, les carences nutritionnelles et l’épuisement comme facteurs dans la baisse de la fertilité féminine.

Chez l’homme, le faible taux de spermatozoïdes ou leur manque de motilité peut avoir différentes causes qu’un médecin peut diagnostiquer. Cependant, dans 30 à 40 % des cas c’est l’exposition aux phtalates, perturbateurs endocriniens omniprésents dans les plastiques, qui est pointée du doigt ainsi que la présence de xénoestrogènes (produits chimiques ayant des effets oestrogéniques) dans l’eau potable recyclée et l’usage massif de pesticides par l’agriculture intensive. Et les hommes aussi sont affectés par le tabagisme, les toxicomanies, les carences nutritionnelles et l’épuisement.

Mère Nature à la rescousse

Depuis l’antiquité les humains ont eu recours aux plantes pour améliorer la fertilité. En fait, les preuves de l’utilisation de remèdes à base de plantes pour la fertilité féminine et masculine remontent à 200 après J.-C. Des préparations composées de plantes et d’extraits de plantes ont des effets positifs sur les organes reproducteurs, le système hormonal et l’appétit sexuel. Ces préparations sont prises par les hommes ou les femmes afin d’augmenter leurs chances de concevoir.

Il est impératif en premier lieu de commencer par éliminer, le plus possible, les effets des perturbateurs endocriniens par l’ajout d’indole 3 carbinol que l’on retrouve dans la famille des choux et plus particulièrement dans le brocoli.

Ensuite plusieurs plantes peuvent aider à améliorer la fertilité chez les deux sexes. En voici quelques-unes :

croix-malte31_resizeLa Croix de Malte (Tribulus terristris) est un phytomodulateur. Son action est rapide et efficace dans la plupart des cas. Noté bien, il ne fait que réguler des taux hormonaux anormalement bas sans jamais dépasser les normes physiologiques. On dit donc de lui qu’il est adaptogène, c’est-à-dire qu’il s’adapte à chaque individu pour rétablir au mieux des taux hormonaux en dessous des moyennes personnelles. Chez les hommes, le tribulus terristris augmente le niveau de testostérone et favorise la motilité des spermatozoïdes.

Les Orties (Urtica dioica ou Urtica urens) les orties sont très riches en chlorophylle et en minéraux, ce qui aide à régulariser le taux d’hormones.

Le Pain de perdrix (Mitchella repens) tonifie l’utérus et tous les tissus pelviens chez la femme. Chez l’homme, il tonifie la prostate et encourage la production de spermatozoïdes.

La Fausse licorne (Aletris farinosa). La racine de fausse licorne est un tonique reproducteur général. Elle rétablit l’équilibre hormonal chez l’homme et elle contribue à stimuler l’ovulation chez la femme.

Plus particulièrement pour les femmes, nous avons recours aux :

Vitex ou Gatillier (agnus castus), ses baies sont bien connues pour améliorer la fertilité féminine. Elles devraient être prises tout au long du cycle menstruel. Elles corrigent les déséquilibres des hormones féminines, rééquilibrent les cycles menstruels et stimulent la glande pituitaire.

L’Actée à grappe noire (Actea racemosa) est reconnue pour son effet oestrogénique.

Le Dong quai (Angelica sinensis) est utilisé depuis des milliers d’années par les femmes chinoises pour équilibrer le système reproducteur. La médecine moderne a constaté que le Dong Quai est riche en vitamine E, en cobalt et en fer, ce qui favorise la conception.

L’Alchémille (Alchemilla vulgaris) possède des propriétés dites lutéiniques, son action étant proche de la progestérone. C’est un tonique pour tout l’appareil génital et le plancher pelvien.

Le Framboisier (Rubus idaeus). Sa feuille est riche en calcium et il agit en restaurant l’équilibre hormonal. Il est excellent lorsqu’il est pris en même temps que le trèfle rouge.

Le Trèfle rouge (Trifolium pratense). Le trèfle rouge est un des remèdes pour la fertilité les plus populaires. Riche en vitamines, en calcium et en magnésium, le trèfle rouge nourrit l’utérus et détend le système nerveux, ce qui favorise la conception.

ET pour les hommes on retrouve :

L’Astragale (Astragalus membranaceus) La racine d’astragale est utilisée depuis longtemps pour augmenter les chances de concevoir en améliorant la motilité des spermatozoïdes et leur concentration.

L’avoine (avena sativa) est nutritive et reminéralisante. C’est un excellent tonique du système reproducteur.

Le Ginseng asiatique (Panax Quinquefolius). Aussi appelé ginseng chinois ou coréen, c’est un remède contre l’infertilité dans la médecine traditionnelle chinoise. Il accroît la fermeté et la durée de l’érection ainsi que le taux de testostérone, la concentration et la motilité des spermatozoïdes.

La stellaire (Stellaria media) est un tonique masculin efficace. Il refroidit l’organisme en cas de température du scrotum trop élevée, ce qui a pour effet d’améliorer la survie des spermatozoïdes.

Notez qu’il peut être utile de prendre plus d’une plante à la fois. Si vous les combinez avec d’autres traitements naturels, comme une bonne alimentation et des exercices, vos chances de conception augmenteront considérablement.

Cependant, une mise en garde : il ne faut pas prendre ces plantes en plus d’autres médicaments pour la fertilité. De plus, les plantes peuvent avoir des effets différents d’une personne à l’autre.

Et finalement c’est toujours une bonne idée de consulter un(e) herboriste ou un(e) naturopathe afin de connaître les plantes qui seront les plus bénéfiques et les plus favorables pour vous.

Louise Lagacé est herboriste depuis plus de trente ans. Elle est aussi praticienne en hypnose indirecte, naturopathe diplômée et accompagnante à la naissance. Elle s’intéresse particulièrement aux problèmes hormonaux.
www.louiselagace.com

Références : Le journal de la guilde des herboristes, La pharmacie verte (James A. Duke), La santé par les plantes (Maria Treben), L’herbier érotique (Bernard Bertrand).

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