Aimer son bébé concrètement bien avant sa naissance

Aimer son bébé concrètement bien avant sa naissance 1

Aimer son bébé concrètement bien avant sa naissance 2

C’est difficile à imaginer, mais votre ventre est habité par une personne réelle!

« Je vais tellement l’aimer… »

Pendant la grossesse, les parents-en-devenir, pensent ou disent souvent : « Quand il va naître, je vais tellement l’aimer! » Et je ne doute pas que vous saurez bien le faire, mais pourquoi conjuguer le verbe aimer au futur? Pourquoi attendre la naissance de cet enfant pour commencer à l’aimer? Ce bébé, vous pouvez l’aimer dès maintenant, d’un amour vrai et surtout d’un amour concret. Votre bébé in utero en a besoin. Impérativement, précocement, maintenant.

L’amour fait disparaître la distance entre les êtres. Cet enfant que vous attendez dans quelques semaines est pourtant déjà arrivé. Il est si proche… mais on peut facilement être si près de quelqu’un et si loin en même temps, n’est-ce pas? Pendant la grossesse, « Qu’est-ce qu’aimer? » est plus qu’une simple question philosophique. C’est la base du bonheur prénatal. Dans son nid utérin, votre enfant a besoin que vous l’aimiez en actions appliquées concrètement dans votre quotidien. Sans vous forcer, à votre rythme, selon votre personnalité propre et vos affinités, sans surcharger votre horaire, aimez-le au présent. Mais comment ?

Comment aimer un bébé in utero ?

Aimer concrètement son bébé n’est pas l’aimer intellectuellement. Ici le mot « concrètement » prend toute son importance.On peut aimer être enceinte. On peut aimer vivre l’aventure de la grossesse et goûter certains avantages. On peut aimer l’idée d’être mère ou d’avoir bientôt un enfant. On peut aimer se sentir femme jusqu’au fond du ventre. On peut aimer les projets qui se dessinent à l’horizon et les images d’un « nous-deux-ensemble ». On peut aimer confirmer notre amour de couple en un projet commun.

On peut aimer l’idée de se reproduire ou de continuer la lignée. On peut savourer le fait de passer de couple à famille. Mais… aimer son fœtus n’est rien de tout cela. On ne l’aime pas, lui, pour ce qu’il nous apporte ou nous permet, nous, de faire ou de réaliser.

Et vous ?

Vous me demandez comment aimer plus concrètement un fœtus. Je vous répondrai par une question : Et vous, de quelle confirmation avez-vous besoin pour vous sentir aimée? Des milliers de petits gestes vous font sentir aimée, n’est-ce pas? Quand il est question d’amour, l’enfant prénatal n’est pas bien différent de vous. D’abord, il se sent aimé lorsque vous le percevez réel. Ensuite, il a besoin de sentir que, pour vous, il compte pour qui il est, en tant que personne à part entière et non parce qu’il est utile -ou le sera- ou pour ce qu’il fait ou vous permet de faire. C’est un amour inconditionnel qui le fait grandir comme celui dont parle le sage Jean Vanier lorsqu’il dit à quelqu’un : « Je suis content que tu existes » sans rien attendre de l’autre. Voici l’histoire de l’une de mes clientes qui vous aidera à comprendre l’importance d’être aimé inconditionnellement bien avant la naissance.

L’histoire de Suzy

Suzy, elle, a été aimée dès l’âge fœtal… mais parce qu’elle était utile. Oh combien, elle a été aimée! Mais d’un amour si lourd à porter. Elle a été la raison de vivre de sa mère qui, sans cette petite poupée qui la gardait bien occupée et comblait sa solitude, aurait sombré de plus en plus dans la dépression. Sa vie ne tenait qu’au fil de cette maternité unique. Quel poids à porter pour Suzy qui, enfant, ne s’est jamais sentie libre de s’éloigner de sa mère.

C’est au moment de souhaiter concevoir un enfant à son tour que Suzy est venue me consulter en PAB®. Depuis plusieurs années son couple faisait face à une infertilité inexpliquée médicalement. Lors des quelques consultations avec moi, la Sagesse de sa Suzy a mis des mots sur cette difficulté et, pendant quelques mois, Suzy a fait le ménage dans ses sentiments face à la maternité -la sienne et celle de sa mère.

L’amour…

Elle s’est penchée sur l’« amour » maternel et comment elle l’avait reçu étant enfant, ses effets sur sa vie d’adulte et comment elle pourrait s’y prendre pour le vivre différemment avec son propre bébé. Aimer un enfant, pour elle, signifiait se l’attacher comme elle l’avait été et ne voulait pas faire de son enfant une béquille pour elle-même en ayant trop souffert elle-même. Cette lutte intérieure était totalement inconsciente et ce n’est que petit à petit qu’elle en a pris conscience et débloqué ainsi le chemin vers une belle conception. La lumière de la compréhension a libéré le chemin vers la guérison de son cœur d’enfant et son âme de mère-en-devenir.

S’accueillir pour accueillir l’autre…

« La source de l’amour, ce qui lui donne son énergie, est dans l’amour de soi ». On nous a plutôt enseigné l’inverse: prendre soin des autres et se montrer utile en s’ojbliant, mais la grossesse est une école où l’enfant est un très bon maître pour vous enseigner cette grande loi.

Cet amour que vous voulez donner à votre enfant s’inscrit d’abord dans une multitude de gestes concrets envers vous-même. Ces gestes d’amour peuvent prendre place à chaque moment de votre journée. Vous qui êtes si occupée, ne vous effrayez pas de ces paroles. Il ne s’agit pas ici d’ajouter des activités à votre horaire déjà chargé, mais à les vivre un peu différemment. Aimer concrètement votre bébé avant sa naissance ne vous demande pas d’aller à contre-courant de la société ni de votre vie actuelle.

M’accueillir…

L’une des étapes qui vous mènent à la rencontre (la rencontre est le prélude à l’amour) de votre enfant en vous est de vous accueillir. Que signifie « s’accueillir »? Tout simplement être là avec vous-même, pour vous-même, dans l’instant présent. Toute là. Sans vous juger. Portez votre attention à ce qui est là en vous. C’est bien là qu’il est votre enfant, non, en vous? Alors plongez en vous, dans les sensations physiques, les images, les pensées, les émotions, les ressentis, tout ce qui est vivant en vous.

Des gestes d’amour concrets…

Comment démontrer votre amour à votre enfant? Voici une liste de gestes d’amour concrets. À vous de l’allonger selon vos besoins, ceux de votre enfant et votre inspiration du moment. Écoutez ce qui cherche à se dire en vous, cela vient en partie de la voix de votre enfant qui parle par ce que vous ressentez. De l’extérieur, vos proches ne remarqueront rien d’inhabituel. Cet amour passe inaperçu. Mais pas de votre enfant…

– Je m’assois dans les transports en commun : acceptez une place offerte et, si nécessaire, osez même la demander gentiment. Si c‘est trop difficile, rappelez-vous que vous le faites pour votre enfant. En voiture, ajustez votre ceinture de façon sécuritaire et, si possible, devenez la passagère…

– Je porte des souliers confortables : laissez les talons hauts dans la garde-robe ou portez-les de façon très occasionnelle : votre dos vous en sera reconnaissant et votre enfant plus confortablement installé… Cela pourrait même peut-être facilier votre accouchement en ne permettant pas que votre bébé s’installe en position transverse.

– J’écoute mes «bons» goûts de femme enceinte : ceux qui vous nourrissent vraiment nourrissent également votre bébé.

– Je prends le temps de bien manger: assise s’il vous plaît, en ressentant le plaisir des saveurs, des couleurs, des parfums et des textures…

– Je prends du temps pour moi-même : pour lire, écrire (à votre enfant?), ne rien faire, méditer, enlacer un arbre, tenir un journal de grossesse, prendre un bain, faire ce qui vous procure un réel bonheur. Le plaisir que je m’offre, mon enfant le ressent directement.

– Je permets aux autres de me gâter : mon indépendance et mon autonomie si chèrement gagnées ne sont pas menacées… Je me mets à recevoir.

– J’écoute mes besoins de sommeil : je me permets des siestes et de douces flâneries, « seule », à deux, à trois, le jour aussi…

-Je ne me lève pas trop vite le matin : entre l’éveil et le lever, un petit moment flou révèle une porte de communication ouverte vers mon enfant…

– J’écoute mes rêves (ceux du jour et ceux de la nuit) : ils sont une autre porte d’entrée primordiale pour mon bébé in utero. Dans cet espace qui n’appartient plus seulement à la Terre, ses rêves se mélangent aux miens…

– Je vais aller marcher dehors tous les jours avec mon enfant in utero : j’inspire longuement et j’expire profondément. Chacun de mes pas le berce et ma respiration profonde l’oxygène. Dans le ventre de leur mère, les bébés adorent ce genre de promenade!

-Je nourris toutes les parties en moi : mon corps, mon cœur, mes pensées et mon âme aussi…

– Je parle à mon bébé : silencieusement ou à voix haute et je chante avec – et pour lui – (savez-vous qu’il existe des groupes de chant prénatal?). Et pourquoi ne pas inviter le père-en-devenir à se joindre à vous… deux?

– Je suis douce envers moi-même, mais pas trop envers certaines personnes quand il s’agit de me protéger ou de respecter mon bébé (fumée de cigarette ou environnement dangereux au travail par exemple).

– Et mille autres petits gestes… aux grandes portées. En fait, il n’y a jamais rien de petit lorsque l’intention se nomme «
amour ».

Aimer son bébé avant sa naissance, concrètement, comporte une part d’apprentissage, comme tout autre forme d’art d’ailleurs. On n’en finit jamais d’apprendre à aimer et à bien s’aimer. Jamais on ne nous octroiera un diplôme ès amour mais chaque pas compte. Aimez votre enfant en vous aimant… pour vrai.

Brigitte Denis
Consultante en périnatalité, conférencière, animatrice et auteure, Québec