Alec se réveille la nuit…

Alec se réveille la nuit... 1

« Ce bébé cherche seulement à attirer l’attention »… disent certains.

Lorsque votre bébé pleure ou se réveille très souvent la nuit, combien d’entre vous se sont fait dire qu’il cherche seulement à attirer l’attention? Les parents qui viennent me voir avec leur bébé pour que je lui donne la parole au moyen de la PAB® ont reçu toutes sortes de conseils et souvent soufferts de remarques blessantes. Malheureusement, ce genre de commentaires remet en question l’expertise des parents ainsi que la sagesse innée du bébé qui tente réellement d’exprimer quelque chose d’important.

Attirer l’attention ou attirer l’attention sur…

On entend parfois des adultes excédés interpréter les signaux qu’un enfant envoie sous forme de petits maux ou de comportements dérangeants, de plaintes, de pleurnicheries, de cris, de crises, de réveils fréquents ou de pleurs en concluant qu’«il cherche seulement à attirer l’attention». Dans leur bouche, cette expression est péjorative. Par contre, il suffirait d’ajouter un seul petit mot pour changer complètement la perspective de cette expression et lui donner un sens très positif.

Du fait d’avoir donné la parole à bien des bébés, je crois profondément que, par ces symptômes, le très jeune enfant ne cherche pas à attirer l’attention à la façon d’une vedette en mal de reconnaissance frustrée de ne pas recevoir les hommages dus à sa gloire. L’enfant essaie d’attirer l’attention sur ce qui ne va pas. Ce mot « sur » apporte une grosse nuance. Elle modifie complètement notre vision de ce que le bébé est en train de faire et d’exprimer. Comme le tout-petit d’âge préverbal n’a pas les mots pour expliquer son inconfort, il doit user d’autres stratégies pour se faire comprendre, lui et son besoin à combler. Son besoin est important. Sa demande n’est pas un caprice, comme
nous le verrons avec Jonathan…

Alec se réveille la nuit…

Alec a neuf mois et il se réveille non seulement toutes les nuits, mais plusieurs fois chaque nuit… depuis neuf mois! En fait, ses parents me disent qu’il n’a toujours dormi que par petits bouts de deux heures, rarement plus. Épuisés, ils n’ont trouvé de meilleure solution que de pratiquer le co-dodo (dormir tous ensemble avec lui dans le même lit), mais cette solution n’est pas la leur. Ce n’est pas leur choix, c’est celui de la survie.

Cette solution peut convenir à bien des parents et à leur bébé qui y trouvent tous leur bonheur, mais ici, dans cette famille, ce n’est pas le cas. Jonathan ne dort pas bien, même collé contre ses parents. Il se réveille plusieurs fois en criant et il frappe violemment sa mère qui, bien souvent, pleure complètement désemparée… et épuisée. Tous mettent beaucoup de temps à se redormir. Sa mère ajoute aussi qu’en se réveillant son fils a l’air en colère.

Lui donner la parole pour le comprendre…

En donnant la parole à la Sagesse innée du bébé grâce à la PAB®, on donne l’opportunité à Alec de mettre enfin des mots sur ce qui l’habite. Le but est de cerner la cause précise et les racines de sa difficulté à dormir profondément comme un bienheureux. Je cherche également à comprendre sa réaction agressive envers  sa mère. Le test kinésiologique le confirme rapidement.

Effectivement, sa mère avait bien raison : Jonathan est en colère. Grâce au test musculaire propre à la Kinésiologie Appliquée – discipline dans laquelle je suis formée-, la Conscience du nourrisson précise que ses réveils nocturnes sont le fait d’une réaction à ce que vit sa mère. Plus précisément, Jonathan nous apprend qu’il est très sensible à un sentiment d’insécurité. Mais comme sa mère n’est pas consciente de ce qui souffre en son propre cœur depuis si longtemps, son bébé tente de s’en occuper à sa place… à sa façon de bébé.

Jonathan nous apprend donc que par ses réveils fréquents, il tente ni plus ni moins de rassurer sa mère. Mais il aimerait bien ne pas avoir à porter seul cette lourde obligation, d’où sa colère. En se réveillant la nuit et en la frappant, il tente de dire à sa mère : « Maman, éveille-toi à la souffrance qui est présente en toi. Prends-en conscience parce qu’elle me trouble profondément. J’ai besoin de ta force et de ta guidance. Ton insécurité m’effraie. »

Construire l’estime et la confiance…

Outre la force des mots qui ont mis en lumière ce qui était en jeu chez la maman et son bébé, le « remède » a consisté à aider la jeune femme à préciser comment prendre soin elle-même de son insécurité, d’abord en la comprenant de façon plus précise. Aider Jonathan à nous faire comprendre ce qui l’empêchait de dormir, puis permettre à sa mère de lui dire qu’elle allait se pencher activement sur sa propre insécurité a suffit à régler le problème… de toute la famille. En effet, lorsqu’un bébé ne dort pas, c’est chacun des membres qui en souffre!

Certains besoins non encore identifiés ni comblés chez un bébé qui cherche à attirer l’attention peuvent avoir émergé à un moment précis de son histoire, parfois très tôt, tout près de la naissance et même durant la gestation, comme ce fut ici le cas pour Jonathan qui nous a dit ressentir l’insécurité de sa mère alors qu’il n’était encore qu’un tout petit fœtus de quatre mois.

Toutes ces tentatives de se faire comprendre ne sont peut-être pas la manière la plus élégante, confortable et socialement acceptable de s’exprimer, mais elles ont l’avantage d’attirer au moins l’attention des parents sur le fait que quelque chose ne va pas. Leur écoute consciente fera sentir à leur bébé qu’il vaut la peine qu’on investisse du temps et des efforts pour lui. Lui donner la parole lui envoie le message qu’il est digne d’être écouté, et qu’il est aimé inconditionnellement malgré son comportement dérangeant. Et, de capricieux et agressif, il passe à aimable comme Alec qui s’est mis à dormir profondément du jour au lendemain. Son estime personnelle et, plus tard, sa confiance en lui et en ses parents, n’en seront que plus grandes.

Brigitte Denis
Consultante en périnatalité, conférencière, animatrice et auteure, Québec

2 commentaires sur “Alec se réveille la nuit…”

  1. Un article qui m’a ébranlée. Pour confirmer ce témoignage, je peux rajouter que lorsque mon fils aïné n’a commencé à faire ses nuits qu’a partir du moment où nous avons été près de mes parents et
    que mon angoisse de vivre à côté d’un compagnon dépressif et de ce fait imprévisible a cessé.

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