Chamanisme et éthique du travail énergétique

By on 8 juin 2018

En octobre 2010, je suis allée à une conférence de Don Marcelino, Amérindien originaire du Pérou qui partage ses connaissances ancestrales à travers l’Europe et l’Amérique. Homme de connaissance amérindienne, Don Marcelino est l’héritier, à travers ses ancêtres, de cette civilisation et de cette tradition en tant que gardien de la Terre-Mère.  Il a parlé de plusieurs concepts, différents dans les croyances de chaque tradition, religion ou philosophie, comme celle du chamanisme :

«Les termes « chaman » et « chamanisme » sont totalement étrangers à la tradition amérindienne. A l’origine, le chaman désigne  un guérisseur sibérien  et le chamanisme une pratique de guérison répandue uniquement en Sibérie. Au cours d’une séance de guérison, les approches du chaman sibérien et du médecin amérindien sont totalement différentes. Le chaman est un acteur: il masque son visage,  revêt un costume et entre en transe au rythme de son du tambour. Il incarne le pouvoir de guérison, et le malade reste passif. La médecine amérindienne ne pratique aucune mise en scène. Un dialogue s’établit entre le médecin traditionnel amérindien et le patient qui reste l’acteur principal du processus de guérison.»

Don Marcelino dit ne pas être un chamane et parle du chamanisme occidental d’une façon très claire : dans nos traditions, ce rôle correspondrait à celui des sorcières. Un poste de transmission de connaissances et d’aide au réveil de la guérison que toutes les femmes portent. Quelques hommes commencent aussi à devenir de « gentils sorciers »…

Au cours de sa conférence, Don Marcelino a ramené beaucoup de croyances actuelles à leur plus simple appareil. Par exemple, pour lui, pas besoin de s’appeler thérapeute et payer des milliers de dollars pour apprendre des techniques de soins énergétiques : l’énergie est là et on a juste à l’employer avec coeur et conscience.

Je résume ses propos mais ça rejoint ce que j’ai appris, il y a longtemps :

J’ai eu un grave accident en 1976 où j’ai fait une expérience de mort imminente. J’en suis revenue avec des dons de guérisons mais je ne pouvais pas en parler.

En 1992, j’ai décidé d’apprivoiser certains de ces dons en prenant un cours de polarité d’un an. Arrivée à la fin de l’année, je n’étais pas satisfaite. Tout me semblait trop compliqué. Je n’ai d’ailleurs jamais réussi à retenir toute la théorie que la prof nous a enseignée. Par contre, elle disait toujours que j’étais la meilleure en pratique.

Je suis sortie de ce cours déçue. Pas à cause du contenu ou de la prof, pas du tout : je n’avais  toujours pas trouvé un moyen simple de travailler à «réveiller la guérison», comme en parle Don Marcelino, puisque ce n’est pas nous qui guérissons. Nous sommes juste là pour aider la personne à aller vers la guérison, état possible que lorsque la personne le veut vraiment et est prête à y arriver.

Quelques temps après avoir terminé mon cours de polarité, j’ai reçu un appel d’une connaissance qui me proposait de participer à deux jours de formation en travail énergétique avec un chamane hawaïen.

En deux jours, j’ai alors «trouvé» LA technique de réveil de guérison que je cherchais depuis un an à travers le cours de polarité. Parce que, travailler en énergie, c’est extrêmement simple. De plus, de par ma nature, je suis toujours à chercher les choses les plus simples et les plus pratiques. Je venais d’en découvrir une.

Il y a cependant des données à respecter pour que l’énergie fasse son «travail» positivement.

Travail à distance et en toute conscience

Il y a une règle, d’ailleurs, qui me tient très à coeur car j’ai eu certaines expériences désagréables avec des personnes qui «travaillent» à distance. Avec le temps, et ces expériences, j’ai appris à fermer les portes de mon espace énergétique de façon plus solide mais à l’époque… :

La personne sur qui on travaille en énergie doit toujours être au courant et avoir accepté ce soin. Idéalement, elle doit même l’avoir demandé elle-même ! A ce titre, dans certaines traditions, comme certaines communautés amérindiennes par exemple, aucun soin n’est donné à la personne tant qu’elle n’a pas clairement formulé sa demande trois fois.

Certains enseignants de certaines «techniques» énergétiques disent que ce n’est pas important que la personne sache ou pas qu’ils «travaillent dessus»; que, de toute façon, si elle n’est pas prête à recevoir le traitement, celui-ci ne l’atteindra pas et restera dans son champ, mais sans l’atteindre, jusqu’à ce qu’elle soit prête à l’accueillir.

Wow, balivernes !

Le travail énergétique est très puissant. J’ai moi-même été envahie par des personnes qui se branchaient sur moi, pensant m’aider en m’envoyant de l’énergie.  Sauf que cette énergie ne m’appartenait pas et me dérangeait même si elle était positive. Elle était envahissante.

Travailler en énergie sur une personne sans qu’elle soit au courant est un viol énergétique, littéralement : du vampirisme.

Alors, en tout temps, à distance ou en présence, il est important :
– que la personne soit au courant et ait accepté le soin; idéalement, qu’elle l’ait demandé;
– qu’une bulle de lumière d’amour soit installée autour du traitant et une autre autour du traité avant le début du
traitement;
– que le traitant se sente bien ancré dans ses racines en terre;
– que chaque pensée et intention du traitant vienne du coeur, soit en conscience et positive;
– que le lien créé durant le soin entre le traité et le traitant soit fermé avec gratitude à la fin du soin, l’un envers
l’autre.

C’est alors que le traitant peut offrir un soin de qualité sans que le traité n’envahisse l’autre sans sa permission.

A la fin de sa présentation d’hier soir, Don Marcelino nous a lu un poème qu’il a écrit en hommage aux jolies sorcières, les femmes, car elles sont toutes porteuses de la connaissance pour amener au «réveil de guérison» et leur rôle est de la partager :

JOLIES SORCIÈRES

Jolies sorcières,
Vous qui aimiez la lune, les arbres
Et les esprits de la nature,
Vous qui remplissiez les forêts
De vos chants et de vos danses,
Vous avez été torturées et condamnées au bûcher.
Vous qui étiez l’innocence
Et la lumière du monde,
Les ténèbres n’aimaient pas vos soleils.

l’Indien voudrait vous dire
Que votre mémoire se réveille,
Qu’un vent nouveau se lève sur l’Europe,
Colportant enfin votre voix
Par delà les villes et les campagnes,
Faisant vibrer les cordes ancestrales
De l’esprit humain,
Au son retrouvé de la Nature
Et de la Connaissance.

Merci jolies sorcières,
Mon silence et ma solitude sont pleins de vous.

Don Marcelino

Avec amour et gratitude,

Dominique Jeanneret
Thérapeute, Québec

© Tous droits réservés sur tous mes articles. Vous pouvez les reproduire (en tout ou partie) à condition de ne rien y changer et de laisser ce dernier paragraphe avec le lien vers www.chemindevie.net. Merci de respecter ainsi le travail de l’auteure.

 

Enregistrer