Doit-on enseigner au bébé comment faire pour dormir ?

 

DOIT-ON ENSEIGNER À UN BÉBÉ
COMMENT FAIRE POUR DORMIR?

Doit-on enseigner à son bébé comment faire pour dormir: pour des adultes qui prennent à cœur leur rôle de parents, surtout
ceux qui sont aux prises avec un bébé qui ne dort pas bien la nuit, ce questionnement est bien légitime. En effet, une question qui revient souvent après l’inévitable : « Pourquoi ne dort-il pas?
» est : « Dois-je enseigner à mon enfant comment dormir ? »

Des parents en manque de sommeil…
Un énorme pourcentage des parents qui viennent me consulter avec leur bébé le font à cause du sommeil ou plutôt du…
manque de sommeil. Leur chérubin a de la difficulté à dormir et ses parents découragés me disent avoir tout essayé : ils ont pratiqué le co-dodo et décrété leur lit « familial », ils ont donné
une réponse immédiate à chaque pleur, ils ont rassuré, bercé, promené, nourri à la demande ou selon un horaire, ils ont essayé la suce, la doudou, les toutous, le mobile, la musique et le biberon
de lait ou d’eau au lit, ils ont ajouté des aliments solides, sevré ou changé la formule lactée, ils ont appliqué la « technique du 5-10-15 », et ont même parfois essayé de laisser pleurer leur
bébé. Et pourtant rien ne fonctionne, l’enfant continue à les réclamer -ou réclamer l’un de ses parents en particulier- en hurlant chaque nuit depuis de longs mois (qui s’étirent parfois sur des
années!).

Bien sûr, les parents se renseignent, et en discutant avec d’autres, ils en arrivent à cette question : « Dois-je enseigner
à mon enfant à dormir? » La réponse se doit d’être nuancée. Je commencerai par une question : « Et vous, aimez-vous dormir? Est-ce facile pour vous, maintenant que vous êtes un adulte, d’aimer
dormir? Votre sommeil est-il paisible? Et est-ce que cela l’était lorsque vous étiez toute petite? » Prenez le temps de répondre franchement à cette question, elle vous permettra de vous mettre à
la place de votre enfant, le premier pas vers l’empathie qui résout bien des difficultés.

Aimez-vous dormir?
Si vous aimez dormir, sachez que votre enfant l’aime tout autant. Son corps est programmé pour dormir la nuit et il en a un
réel besoin (et vous aussi!). Si c’est si important, alors pourquoi s’éveille-t-il si souvent? S’il s’en prive, une raison existe. Il ne fait pas un caprice! La P.A.B., qui est ma façon de servir
de traductrice deentre l’enfant et ses parents, nous permet d’interroger la Sagesse de l’être et permet à l’intelligence innée de votre enfant de nommer de façon juste et précise la cause
profonde et le moyen de remédier à une difficulté. Si vous n’aimez pas dormir, sachez que votre enfant n’est peut-être pas très différent de vous en ce domaine. On retrouve souvent chez plusieurs
générations en amont un même problème d’insomnie. La marche à suivre consiste alors à comprendre les racines de votre propre réticence à vous abandonner paisiblement entre les bras de Morphée
puis d’y faire suivre une action adaptée à votre situation. Votre propre guérison sera bien souvent le prélude à celle de votre enfant.

Dbebe-panier.jpgormir, c’est se ren-dormir
 Certains bébés ont besoin d’un petit
coup de pouce pour se REN-dormir seuls. En effet, chaque nuit, nous nous éveillons tous à plusieurs reprises, petits et grands, mais peu d’entre nous en avons vraiment conscience. Le sommeil
d’une nuit est composé de plusieurs cycles qui vont du sommeil léger au sommeil profond et vice versa en passant par plusieurs phases. À la fin d’un cycle (qui dure environ deux heures) on émerge
près de la surface de la conscience de veille. Habituellement on se rendort aussitôt, mais certains -les adultes comme les bébés- s’éveillent co
 mplètement (ils émergent comme à la surface de
l’eau) et ne replongent pas immédiatement. Est-ce une question d’apprentissage, d’adaptation ou d’un « blocage »? Parfois l’un, parfois l’autre puisque, comme tout ce qui touche l’être intime,
seul le « cas par cas » est porteur de vrai sens.

Un passage…
Au sujet du sommeil, le début de la vie est crucial pour votre enfant. Je parle ici des premières semaines après sa
naissance, mais également de sa vie prénatale. C’est durant toute cette période sensible qu’il a ressenti s’il était en sécurité, en de bonnes mains et s’il pouvait s’abandonner. Au tout début de
sa vie -jusqu’aux trois ou quatre premiers mois postnatals, parfois moins longtemps- il avait besoin de votre présence constante et d’être rassuré très souvent : il arrivait de si loin et son
nouvel habit d’humain était bien nouveau! À chacun de ses réveils, vous avez été là, prête à répondre à tous ses besoins. Au bout de quelques semaines, si tout va bien, il a acquis assez de
confiance et de sécurité intérieure pour prendre soin de certains de ses propres besoins dont celui de se rendormir seul à plusieurs reprises durant toute une nuit.

Coup de pouce…
Mais certains bébés plus vieux ont besoin d’un petit coup de pouce supplémentaire. Le passage ne s’est pas fait
graduellement. Il
a encore besoin de votre présence constante ou régulière : c’est qu’il est arrivé au monde avec
son bagage personnel et familial, et tout votre amour et vos bons soins ne suffisent pas à  l’alléger. Comprendre exactement en quoi consiste sa difficulté -où ça bloque?- nous aidera à
l’accompagner dans ce passage. Outre le fait qu’un souci partagé est moins lourd à porter pour votre enfant, connaître la cause exacte du problème vous enlignera sur la solution la plus adaptée.
Est-elle de nature physique, psycho-émotionnelle, Environnementale, relationnelle, existentielle, historique, etc.?

Donner la parole au bébé…
Donner la parole à l’être à l’aide de la P.A.B. nous permet de nommer justement la cause profonde à la racine d’un
problème, quel qu’il soit, ici un sommeil perturbé. Souvent, il s’agit d’une pensée qui le tracasse, une croyance fausse la plupart du temps. L’identifier nous permet de le détromper, de
réajuster la vérité. Voici quelques-unes de ces pensées, en vrac, telles que les ont exprimées textuellement des bébés à un moment ou à un autre d’une con
sultation. Notes que les dernières  affirmations (indiquées par une main) ne sont pas de fausses croyances; elles sont des beoins
réels à combler chez l’enfant.

« J’ai peur que ma mère meure »,
« J’ai peur de mourir »,
« Je comble un besoin de tendresse chez ma mère »,
« Je protège un conjoint de l’autre »,
« Je garde ma mère en vie »,
« Je tiens ma mère occupée »,
« J’évite à ma mère de tomber enceinte »,
« Je rassure mon père sur ma vitalité »,
« Je suis en danger si je me retrouve seul »,
« Je dois rester vigilant pour me protéger »,
« J’ai peur d’être abandonné »,
« Si je m‘abandonne, j’étouffe».
« J’ai mal au cou »,
« J’ai une tension dans les mâchoires »,
« Mon lit n’est pas placé au bon endroit et bien orienté dans ma chambre »,
« J’ai froid »,
« La garde-robe et les tiroirs de ma chambre sont remplis des vêtements et des objets remisés de mon frère aîné décédé et
cela me dérange »,

« Même si je suis rassasié, je ne suis pas nourri selon mes besoins ».

Tant de pensées à revisiter…
Tant et tant de causes différentes peuvent empêcher votre bébé de passer d’une étape à l’autre de son développement et
devenir autonome durant la nuit! Ces phrases expriment des besoins à combler, des guérisons à compléter, des situations parentales à régler, des traumatismes à mettre en lumière et soigner, des
souffrances transgénérationnelles à identifier, des pensées à corriger, des vérités à revisiter. L’enfant qui n’a pas les mots parle, entre autres, par la qualité de son sommeil. Par ce symptôme,
il vous guide dans votre rôle de parent-accompagnateur. Les premières affirmations que vous avez lues ci-dessus était liées à une période de son passé, une souffrance,
un traumatisme ou un besoin qui étaient tous bien réels. Les parents ont pu parfois se rappeler l’événement déclencheur, mais la
plupart du temps les circonstances étaient passées inaperçues.

Explorer et découvrir…
Le fait de comprendre la cause du problème nous donne la direction pour le régler en profondeur par une action concrète.
Celle-ci sera d’autant plus efficace qu’elle sera parfaitement adaptée à la vraie nature du problème. Ensuite -et seulement ensuite- on peut envisager d’inviter l’enfant à puiser dans ses propres
ressources personnelles pour apprendre à faire ses nuits. Votre bébé n’est pas aussi démuni qu’on pourrait le croire. Il a en lui de grandes forces et des outils insoupçonnés…  Jusqu’à
maintenant. Une fois le chemin complètement dégagé, il aura besoin en priorité tout simplement d’un espace -physique et psychique- et du temps (deux ou trois jours environ en moyenne) pour
pouvoir explorer et découvrir ses propres ressources intérieures qui lui serviront le mieux pour se rendormir seul. Elles ont toujours été là en lui, mais un obstacle l’empêchait d’y avoir
recours. L’obstacle levé, le voilà en possession de tous ses moyens et ils sont nombreux.

Chaque bébé est différent et demande un rituel adapté à sa personnalité propre, à ses besoins, à son âge et à la situation
parentale et familiale qui est la sienne. Donnons-lui l’occasion de le découvrir. Mais d’abord, écoutons-le, il a tant à dire sur lui et, parfois… sur nous aussi.

Pour lire d’autres histoires où des bébés nous parlent d’eux-mêmes ou pour prendre r.v. (Estrie et Montréal au Québec de
même qu’en Europe une fois/an) : www.Brigittedenis.com.

 

Brigitte Denis
Consultante en périnatalité, conférencière, animatrice
et auteure

   

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2 commentaires sur “Doit-on enseigner au bébé comment faire pour dormir ?”

  1. Je crois qu’on pourrait à beaucoup de personnes ce qui constitue notre être et qui nous anime, car le « mimétisme » ambiant fait que tout doit être calculé, mesuré, devenir objet de droit. Où est la
    spontanéité de l’amour, de l’acte libre en conscience?

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