Du cauchemar au rêve

By on 21 septembre 2018

La nuit, la vie nous parle par les rêves. Sommes-nous attentifs à ses messages ou demeurons-nous totalement indifférents à ce langage?

Les rêves parlent quelquefois si forts qu’ils nous tirent brusquement du sommeil, les émotions étant à leur paroxysme. Ceux-là, on les appelle cauchemars. Ils meublent nos nuits uniquement pour retenir notre attention et demandent simplement à être compris pour cesser de se répéter lorsqu’ils sont récurrents. Mais que veulent-ils donc nous révéler?

Une poursuite infernale par un personnage menaçant ou un animal sauvage représente t’il une situation que je crains, donc que je fuis incessamment? Ai-je gardé une crainte à l’égard d’une personne en particulier issue de mon passé? L’important est de savoir que je dois parvenir à me raisonner en me disant que personne ne peut me faire de mal en rêve puisque je n’ai pas mon corps physique, qui lui repose dans un lit douillet. Cesser la fuite et affronter l’objet de ma peur durant le rêve, est sans aucun doute la bonne chose à faire. Ne plus m’enfuir! Alors même si je suis hors du sommeil, appliquons une technique ramenée du peuple Sénoi en Malaisie par madame Patricia Garfield, auteur reconnue aux Etats-Unis sur les rêves.

Revisionnons mentalement nos images de rêves et à
partir du moment où le scénario se gâte, imaginons une fin où je serais victorieuse, héroïne et cause au lieu d’être une perdante, une victime impuissante. Graduellement le cauchemar revêtira un nouveau visage. Une progression harmonieuse se manifestera ou encore le cauchemar cessera carrément. Tentez de comprendre le message au meilleur de vos connaissances sinon consulter un thérapeute
qui vous guidera vers une juste interprétation. Une fois compris, il n’a plus besoin de perturber votre nuit de sommeil. Il vous transformera intérieurement et vos contenus oniriques seront de plus en plus positifs. Le subconscient s’adaptera petit à petit en douceur aux nouvelles directives que vous lui donnerez.  Il réagira même si vous n’avez pas saisi le sens du cauchemar. Ainsi vous le nourrirez de ce que vous désirez au lieu de garder ces scénarios paralysants.

Cette approche favorise grandement le développement de la confiance en soi. Chez les enfants, elle permet de développer une bonne capacité de résolution de problème. Il est normal de faire des mauvais rêves quand on est enfant. Cela est même très sain. Ce qui l’est moins, c’est de demeurer toute sa vie, bien au delà de l’âge adulte avec des versions victimes qui n’évoluent guère.

D’autres thèmes désagréables apparaissent fréquemment dans les rêves : par exemple, des scènes de chute dans le vide surgissant souvent spontanément dès que le rêveur est confronté à l’inconnu. Une situation nouvelle se produit et le mental n’a guère de repères connus pour se sécuriser : une rupture amoureuse, un décès, une perte d’emploi ou autre. Mais la cause de ce rêve peut aussi être d’ordre physique, voire une chute de pression ou issue de la gestion émotionnelle quand on a l’impression de perdre la maîtrise dans un contexte diurne.

Il y a les rêves où l’on a perdu quelque chose que l’on cherche désespérément. Souvent, il s’agit de sa voiture.  Ces scènes peuvent refléter une perte d’autonomie dans la vie d’éveil du rêveur. Suis-je en période de perte d’autonomie financière, deviens-je trop dépendant de la bonne volonté du patron? Ou est-ce sur le plan affectif? Mon conjoint ou partenaire est-il en train de me choyer au point de me rendre dépendant de son soutien? Serait-ce plutôt physique? Ai-je tendance à utiliser la facilité dans le quotidien en prenant chaque jour l’ascenseur au lieu de monter les escaliers? Il se peut que ce soit de nature spirituelle. Une personne de mon environnement tente-elle de m’imposer sa foi et ses croyances religieuses? Comme nous sommes des êtres de dimension multiples, il est donc suggéré de s’interroger sur plus d’un plan.

Puis, il y a les rêves où l’on se sent engouffré, comme pris par une force qui nous enfonce ou cloue au sol. Ces images réfèrent fréquemment à de sentiments négatifs de culpabilités et de remords vécu par le rêveur. Est-ce que j’ai tendance à me sentir responsable du bonheur d’autrui? De tels sentiments non conscientisés nous retiennent prisonniers et l’on s’enlise.

Avez-vous déjà dû passer une épreuve lors d’un rêve où vous deviez passer par un corridor très étroit? Si étroit que vous avez cru en mourir par suffocation? C’est un rêve hantant souvent le repos de personnes ayant vécu des traumatismes au moment de la naissance. Le rêve ramène à leur mémoire cet événement demandant à être conscientisé pour mieux  mesurer les effets que cette épreuve engendre sur leur vécu actuel. Des pistes sont à observer : ont-ils peur de l’engagement? Craigne t-il de se retrouver coincé en affaire dans une situation sans issue possible? La suffocation peut aussi être associée à des épisodes d’apnée du sommeil alertant le rêveur qui manque d’oxygène. Évidemment, une telle image choc provoquera le réveil et le dormeur reprendra un rythme respiratoire normal. Il s’agit alors d’un rêve appelé réactif, ange gardien du rêveur.

Bref, toutes ces situations de panique doivent être reliées au vécu du rêveur à divers niveaux tant physique, émotionnel, psychologique que spirituel. Lui seul peut en valider la teneur puisqu’il s’agit de ses symboles personnels et qu’il est le seul créateur et acteur de ces images nocturnes.

Soyez donc à l’écoute chaque nuit pour y puiser des informations précieuses qui ne demandent qu’à vous éveiller aux solutions possibles, à un plus grand bonheur et à une plus grande liberté d’être.

Bonne nuit et faites de beaux rêves!

Paule Boucher
Enseignante, conférencière et auteure
Québec