Guérir de la fibromyalgie : témoignage de Francine

Témoignage de guérison de la fibromyalgie

Je cotoie régulièrement des femmes qui ont – ou on eu – la fibromyalgie. Afin d’aider celles qui l’ont, j’ai demandé à celles qui s’en sont guéries d’offrir leur témoignage afin de donner espoir et outils à celles qui en souffrent.

francine-st-pierre_resize.jpgJe vous offre ici le premier témoignage, celui de Francine St-Pierre :

Voici donc ma longue histoire et mon chemin de guérison. Je ne suis pas certaine qu’après cette lecture, les personnes choisiront cette route : elle a été assez longue et coûteuse mais je ne la regrette pas, au contraire. Je suis très fière de l’avoir faite et, aujourd’hui, 10 ans plus tard, je me sens 20 ans plus jeune et c’est peu dire.

Revenons donc à il y a 12 ans. Je partais pour un voyage dans le Sud où, quelques jours avant, je me vantais que, pour une fois, je n’étais pas fatiguée. Deux jours avant mon départ, je suis allée faire du ski à Bromont où, grâce aux remonte-pentes rapides, on remonte aussi vite qu’on descend. Monte, descend, monte, descend. Le lendemain, la veille du départ, j’avais de la difficulté à marcher et je mettais le blâme sur ma journée de ski, me disant que, rendue dans le Sud tout rentrerait dans l’ordre.

Je dois dire, que depuis belle lurette, j’avais mal à toutes les articulations des doigts, des coudes, des épaules, des genoux, des orteils et je mettais le blâme sur ma posture au travail. Trop d’ordinateur, mauvaise chaise, mauvaise installation et, pour les orteils et les genoux, chaussures parfois trop hautes. Je me souviens que je me réchauffais les articulations des pouces, entre autres, avec mon café.

Durant les trois années qui ont précédé ce moment, je me faisais régulièrement des tours de rein (1 fois aux 2 mois) qui me clouaient au lit pour 2, 3 jours et où ma fille Justine, qui n’avait qu’une dizaine d’années, devait prendre soin de sa vieille mère de 48 ans.

C’était en même temps, au cours de ces mêmes années, que nous allions voir le docteur, Justine et moi, chaque semaine, une fois pour Justine et l’autre fois pour moi. Je recevais toujours le même diagnostic : sinusite, bronchite, pharyngite (en même temps bien entendu). J’étais aux plus puissants antibiotiques qui peinaient à me guérir.

Mon voyage dans le Sud fut le pire de toute ma vie : j’ai eu de la difficulté à me tourner dans le lit, à faire les escapades, ce fut un calvaire. Je dois aussi avouer que, lorsque je suis arrivée en République, j’avais une vaginite terrible et j’ai dû aller voir le docteur de la place pour me faire soigner. Pas de baignade pour tout le séjour. Le médecin n’avait jamais vu autant de champignons sur une même personne.

Juste pour vous dire à quel point j’étais mal….

À mon retour, je suis allée voir le médecin qui me transféra à un rhumathologue. Premier diagnostic : bursite aux 2 hanches. Il me fit passer une batterie de tests pour conclure, au deuxième diagnostic : fibromyalgie.

En plus des anti-douleurs, il me prescrit des massages 4 jours par semaine pendant 3 mois, m’obligea à faire une série d’exercices et de la natation le plus souvent possible. J’ai trouvé une massothérapeute qui m’offrit de faire les massages à la maison au début pour m’éviter de me déplacer et nous avons commencé les rencontres. Les premières fois étaient douloureuses. La massothérapeuthe ne faisait que m’effleurer la peau et ça faisait tellement mal que ça m’en tirait les larmes.

Je me suis inscrite à des cours d’aqua-jogging 2 fois par semaine et suis allée faire de la natation 2 autres fois , tout cela pendant 2 ans. Je regardais les autres qui ne souffraient pas et je les détestais presque. Je faisais du bain tourbillon et m’installais de sorte à ce que les jets jaillissent directement sur mes hanches.

Au même moment, ma grande amie livrait un dur combat au cancer du poumon, combat qu’elle perdit en 2001. Elle m’appela et me dit : «Francine, tu as sûrement quelque chose car ce n’est pas possible d’être toujours malade comme tu l’es». Je n’avais pas réalisé à quel point j’avais un si grave problème jusqu’à ce jour.

Elle me donna le nom de son naturopathe et me fit promettre de l’appeler. J’ai donc pris un rendez-vous avec celui qui a changé ma vie et, surtout, ma façon de vivre.

Il a commencé par me faire faire une cure de désintoxication avec des fibres, des produits reminéralisants et toute la panoplie de jus de toutes sortes et de toutes les couleurs et pilules de produits naturels. J’ai fait des jeûnes de 3 jours et 2 de 11 jours. Bien entendu, je buvais, au cours de ces cures et durant ceux de 11 jours, ça comprenait une réintégration de la nourriture. J’ai commencé à m’alimenter bio, ce que je fais depuis ce temps, je mange moins de viande, moins de gras, moins de sucre (même qu’aujourd’hui je n’en mange plus et presque). Et j’ai appris à me détendre.

Il me fit faire des irrigations du côlon à raison de une par jour pendant trois semaines, à plusieurs reprises.

Ce chemin a duré deux ans. Je suis tombée dans la marge de crédit bien comme il faut, surtout que j’étais seule pour élever ma fille et que je payais tout mais j’avais accepté à l’avance que ma guérison n’avait pas de prix.

Je continuais à aller voir le rhumathologue qui me menaçait de me faire des injections de cortisone que je refusais chaque fois me disant que je guérirais sans cela. La dernière fois que je suis allée le voir, il m’a dit : «Les injections ont fait du bien» mais je n’en ai jamais reçues !

De plus, j’ai travaillé à moins me stresser dans la vie ce qui me fit déménager à Québec pour quitter la ville de Montréal où j’étais seule avec ma fille. Par bonheur, mon travail m’a suivi et les clients aussi.

Pendant toute cette transformation, j’ai fait des ateliers de croissance personnelle où j’ai fait le pardon avec mon père. Je suis persuadée que ce pardon m’a permise de me libérer de rancoeurs que j’avais et qui m’intoxiquaient sûrement.

J’ai aussi fait le pardon avec moi-même et avec Dieu.

J’ai recommencé à faire du ski il y a 2 ans. Maintenant, je me sens un peu vieille à 60 ans mais ce n’est pas à cause de la fibromyalgie que j’ai un peu de la difficulté mais simplement parce que je ne fais pas assez d’exercices. Je fais aussi de la danse country et j’ai l’intention de faire du ski encore cette
année.

La fibromyalgie fait maintenant partie de l’histoire.

Bonne journée et je suis persuadée que tout le monde peut s’en sortir.

Francine St-Pierre, septembre 2010

2 commentaires sur “Guérir de la fibromyalgie : témoignage de Francine”

  1. Merci pour ce témoignage que j’ai lu avec beaucoup d’attention, même si je n’ai aucun souci de ce côté-là.
    Je voudrais conseiller à Francine de pratiquer le Taï chi quan ou le Chi Kung. C’est très agréable; on fait de l’exercice et en même temps on fait du bien à la santé du reste du corps.
    Bien amicalement,

  2. Un grand merci pour ce témoignage plein d’espoir! Avec le temps et l’expérience de la fibro, je pense également que la guérison passe par une meilleure alimentation, des compléments alimentaires
    et/ou minéraux et, petit à petit, de l’exercice physique. Aussi apprendre à respecter ses limites, savoir dire non, apprendre à s’aimer, à se pardonner et à pardonner aux autres, … Mais pas
    toujours facile à mettre en pratique surtout quand on vit seule avec un enfant en bas âge. Je ne peux que souhaiter à toutes les personnes atteintes de fibromyalgie (comme moi – depuis 2004) de
    trouver le chemin de la guérison et du bien-être. Amitiés 🙂

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