L’impuissance des bébés

La meilleure école…
Je suis vraiment reconnaissante envers les bébés qui partagent avec moi, au moyen de la P.A.B., des parcelles de leur vie intérieure. Par ce nouveau blog
d’aujourd’hui, j’espère partager avec vous un apperçu de la grande Sagesse de l’Être qui se tient sur le seuil de sa nouvelle incarnation. Le seul fait d’être témoin de leur cheminement et du
processus qui les mène très rapidement d’un état psycho-émotionnel très souffrant à la paix est la meilleure école que j’aie jamais connue!

La vie facile…

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Nous voyons souvent le bébé (ou l’enfant prénatal) comme quelqu’un pour qui la vie est facile, mais après toutes ces années à
écouter des bébés se confier, je n’en crois plus rien du tout. En fait, on me donnerait tout l’or du monde que je ne voudrais pas redevenir un bébé… pas dans cette vie-ci en tous cas. Dans
notre vie d’adulte, on est parfois confronté à l’impuissance. Que ce soit face à quelqu’un d’autre ou face à soi-même, le fait de ne pas se sentir capable d’apporter une réponse concrète,
mesurable, visible et efficace à un problème est vraiment inconfortable, voire insupportable. Un jour ou l’autre, cela nous arrive à tous. Mais on connait moins -et surtout on reconnait moins- le
sentiment d’impuissance des bébés. Oui, les bébés eux aussi peuvent se sentir terriblement impuissants. Depuis que je donne la parole au bébé au moyen de la P.A.B. («Parole Au Bébé»), j’ai reçu
de tels témoignages par centaines.

L’impuissance…
Dans les derniers mois, il m’est arrivé à plusieurs reprises d’avoir à accompagner des personnes qui toutes partageaient un point commun. En un mot, ce défi portait
le nom d’impuissance. Cela peut paraître étonnant, mais ces personnes étaient toutes des bébés, souvent même pas encore nés. Tous faisaient face à cette même immense souffrance de ne pouvoir rien
faire, ne pas être capable d’agir dans le sens où ils le voulaient. On peut facilement imaginer qu’un enfant prénatal puisse se sentir impuissant. Il est si petit. Il évolue à l’intérieur d’un
espace restreint dont il ne peut sortir. Il ne peut pas parler et, pour faire face à ses défis, il a un éventail de choix à sa disposition assez limité, mais cette impuissance dont je vous parle
au sujet de ces bébés concernait leurs proches. Oui, j’en suis témoin, de tout-petits bébés peuvent expérimenter la terrible souffrance de ne pouvoir rien faire, non pas pour eux-mêmes, mais pour
un proche qui souffre.

Leurs symptômes…
Lorsqu’il s’agit de nourrissons qui souffrent d’un sentiment d’impuissance, je fais connaissance avec eux avec eux parce que leurs parents les amènent à mon bureau
pour des symptômes qui tournent autour du sommeil. S’ils sont encore dans le ventre de leur mère, ce sont des contractions bien trop précoces qui perturbent leur mère-en-devenir (souvent avec
risque de fausse-couche) ou le fait de dépasser leur date prévue d’accouchement. Lorsque je donne la parole à la Sagesse de bébés qui démontrent ce type de symptômes (mais ceux-ci ne sont pas
exclusifs), ils nous disent très souvent leur grand désir de faire quelque chose pour leurs parents ou pour l’un d’eux en particulier. Par leur sensibilité si aiguisée, ils ressentent fortement
la souffrance de leurs proches, et ils ne peuvent tout simplement pas en rester les témoins inactifs.

 

Mettez-vous à leur place: pouvez-vous vraiment rester indifférents face à la souffrance vive d’un proche qui a mal? Avez-vous déjà vécu ce sentiment d’impuissance?
Avez-vous déjà été témoin de la souffrance qui perdure chez un proche malgré tous vos efforts? Avez-vous déjà partagé votre quotidien avec une personne déprimée ou découragée? Essayez de vous
rappeler une situation semblable et voyez sincèrement comment vous avez réagi. C’est dificile, n’est-ce pas? Certains petits, ça leur arrive souvent; d’autant plus qu’ils sont si sensibles et
que, par conséquent, ils ressentent réellement plus que nous, même plus que l’adulte souffrant qui ne ressent plus sa propre souffrance puisqu’avec le temps il s’y est habitué ou l’a carrément
refoulée. Malgré leur jeune âge, ces bébés essaient de mille et une façons d’agir de manière à alléger et même à faire disparaitre la douleur d’un proche.

Il peut vous apparaitre étonnant que de si petits bébés puissent avoir envie de prendre en charge une souffrance parentale, mais cela arrive bien plus souvent qu’on
ne le croit, bien trop souvent. Évidemment je n’ai pas donné la parole à tous les bébés de la Terre, mais dans mon bureau c’est quelque chose que je rencontre souvent, surtout depuis quelques
mois. Vous-même, l’avez peut-être vécu étant bébé! La souffrance qui rend un bébé le plus inconfortable est le sentiment de solitude d’un proche. La seconde concerne tout l’évantail des peurs
parentales.

Comment aider…

Mais comment donc aider un bébé, une âme qui fait face à cette souffrance? À un bébé qui souffre d’impuissance (qu’il soit né ou non), nos paroles peuvent
constituer pour lui un véritable baume. Par contre, il ne s’apaisera pas par n’importe quelles paroles. Ce n’est pas tant de lui parler qui fonctionne que de lui dire la bonne chose. Ainsi, si on
lui dit de ne pas s’en faire, qu’il n’a pas raison de s’inquiéter, «que papa et maman sont là», qu’il est en sécurité, etc. cela passera malheureusement sur lui comme de l’eau sur le dos d’un
canard. Par contre, j’ai noté qu’on peut lui dire une chose en particulier qui lui apportera un peu de paix et qui, surtout, lui permettra de réaligner en lui la bonne attitude. On peut lui dire
qu’il est un bébé, «juste un tout petit bébé». En effet, en écoutant les bébés, j’ai appris une chose tout à fait époustoufflante: les bébés ne savent pas qu’ils ne sont que des bébés!

Avec les années, j’en ai peu à peu compris la raison. En dialoguant avec eux, j’ai pris conscience qu’ils vivent sur le mode du ressenti. Ils expérimentent la Terre
à partir de leur âme et de leur cœur (leurs émotions). Ils ne voient pas la différence entre une personne «petite» (un bébé) et une personne «grande» (ses parents). Ils ne savent pas non plus
comment, à nos yeux, ils sont petits et sous notre responsabilité. Voyez-vous, ils n’attachent pas d’importance à ce qu’ils voient, mais plutôt à ce qu’ils ressentent. Et lorsqu’ils ressentent la
souffrance d’un proche, ils veulent pouvoir faire une différence. Ils cherche activement à y parvenir. Pourtant, au bout d’un certain temps -souvent avant même leur naissance-, ils constatent
leur impuissance. Plusieurs d’entre-eux considèrent même qu’ils sont en train d’échouer à un devoir qui est le leur. Ils ne se rendent pas compte qu’ils n’ont pas les moyens d’agir, et c’est cela
qui les fait terriblement souffrir. Être l’enfant de quelqu’un ne signifie encore rien pour eux. Pour cela, il faut le leur expliquer.

Brigitte Denis donne la Parole au bébé, tant avant qu’après sa naissance.
Elle oeuvre au Québec (Estrie et Montréal) et en Europe une fois/année au printemps
Son livre : La Parole au bébé