Voyager dans la mort pour accueillir la Vie

Guérison du pattern de rejet – 2

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article sur ce sujet, cliquez ici


J’ai participé dernièrement à un atelier chamanique sur «La mort et l’au-delà». Dès notre arrivée, et toute la fin de
semaine, nous avons fait des «voyages» dans les mondes nous entourant, dans la réalité «non-ordinaire». Nous partions chaque fois en «voyage» avec une intention claire d’aller rencontrer
quelqu’un ou de revenir avec une information, voire une réponse à une question. Nous allions aussi rencontrer des personnes décédées pour discuter avec elles et/ou les aider à passer dans la
lumière. Nous avons ainsi pratiqué nos dons de «passeurs d’âmes».

Ayant vécu une expérience de mort imminente en
1976 puis ayant aidé des personnes à passer dans la lumière, dans les années qui ont suivi, ce
sujet ne m’était pas inconnu, bien au contraire. Je n’avais cependant jamais eu l’occasion de «pratiquer» en groupe et d’apprendre, notamment, des «techniques» chamaniques pour voyager et aider
les êtres coincés, ces âmes errantes qui ont besoin d’aide pour passer dans la lumière.

En arrivant à cet atelier, j’étais dans une phase de guérison de mon pattern de rejet que je trainais depuis des années
sans en comprendre la cause profonde malgré des années de thérapie.


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Lors de plusieurs voyages, j’ai reçu des informations et des réponses à des questions importantes. Dans l’un d’eux, j’ai
rencontré ma mère, aimante comme je ne l’avais jamais connue mais je reconnaissais bien là son grand cœur. Elle a pris mon visage dans ses mains et m’a dit :

– Dominique, tu n’es pas une enfant de l’amour, tu le sais.

– Oui, je le sais (que mes parents s’aimaient bien mais n’étaient pas amoureux), ai-je répondu. (Je le savais, entre mes
deux oreilles, mais je ne l’avais jamais ressenti dans mon coeur).

– De là, continua ma mère, et je ne sais pas pourquoi, tu as imprimé dans ton esprit que tu n’es pas aimable, que tu ne
mérites pas d’amoureux, que tu dois passer ta vie toute seule, te débrouiller sans personne, que tu ne mérites que le rejet et toutes ces croyances qui t’empêchent d’être heureuse et de vivre une
vraie relation amoureuse heureuse, pleine, entière et réciproque.

J’ai senti une bouffée de chaleur envahir mon thorax…

Elle a continué :

– A partir de maintenant, tu vas arrêter de croire à tout ça car ce n’est pas vrai. Ça n’est qu’une croyance qui ne
t’appartient pas et dont tu n’as que faire. Jamais ton père et moi n’avons voulu que tu croies à de telles choses. Tu es totalement aimable. Tu mérites d’être aimée pleinement et, notamment,
d’être en relation avec un conjoint avec qui tu seras heureuse.

J’ai senti un «pouffff» dans mon thorax. Quelque chose venait de s’inverser en moi. J’ai alors su que je ne croirais plus,
que ce soit consciemment ou inconsciemment, que j’étais non-aimable et que je devais passer ma vie seule. Une forme de confiance immuable dans ce que je suis profondément et le bonheur que je
mérite de vivre s’est alors installée spontanément en moi.

Sur l’autoroute, quelques heures plus tard, je me suis sentie, pour la première fois de ma vie, tout à fait et complètement
aimable, sans peurs, sans culpabilité, sans me comparer à personne, juste pleinement moi-même. J’ai senti que, dorénavant, je ne me sentirais plus rejetée comme je me sentais souvent malgré
moi.

Dans les jours qui ont suivi, un ami m’a déclenchée plusieurs fois dans mon pattern de rejet alors qu’il vivait des choses
plus difficiles (sans rapport avec moi). Il m’a ainsi permise de m’arrêter chaque fois et de me demander si c’était 1) vraiment lui qui me rejetait ou 2) moi qui me sentais rejetée.

La deuxième option était la bonne, évidemment, puisque je suis 100% responsable de ce que je me fais vivre. J’ai alors,
chaque fois, respiré et pris le temps d’accueillir mon émotion et de ressentir la réaction que mon corps avait spontanément (serrements dans le ventre, etc.). J’ai ainsi accueilli ces symptômes
de réaction au rejet (que je me faisais vivre toute seule alors que, pour cet ami, la vie continuait normalement). Je n’avais dorénavant plus à les vivre puisqu’ils ne correspondaient plus à mes
croyances, lesquelles avaient néanmoins encore besoin de quelques bons seaux d’eau froide pour enlever toute l’encre d’impression !

En accueillant consciemment et avec amour ces émotions et symptômes physiques bien connus, ils se sont amenuisés au fur et
à mesure qu’ils réapparaissaient à chaque déclenchement du pattern de rejet pour, finalement, ne laisser place qu’à la confiance et à une nouvelle solidité, celle de me sentir totalement
aimable…

Il reste probablement encore quelques verres d’eau à recevoir pour finaliser la guérison, solidifier le tout et arrêter
définitivement de me sentir rejetée mais je peux déjà dire que mon attitude a changé complètement face à la vie et… à cet ami déclencheur de rejet chez moi.

J’ai pris, il y a quelques jours, une décision très claire : ne faire aucune crise de réaction à un sentiment de rejet, ne
faire aucun reproche, en bref : me taire et, plutôt, observer ce qui se passe en moi alors.

Étonnamment, en prenant conscience de ce qui se passait alors en moi, là où j’aurais fait une crisette de rejet, quelque
chose se déconnectait intérieurement, de plus en plus, pour laisser place à… de la place, de l’air, de la légèreté, de la sérénité, même. Je me suis même surprise à sourire en m’observant,
heureuse d’être à ma place, dans ma présence, sereine, et ne me laissant plus envahir par des sentiments erronés de croyances désuètes…

Savez-vous ce que cet ami m’a fait aujourd’hui ?! Il est venu se coller en rigolant…;-o))

 

Avec amour et gratitude,

Dominique Jeanneret

Thérapeute, Québec

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4 commentaires sur “Voyager dans la mort pour accueillir la Vie”

  1. J’ai été passionné par cet article. Le j’ai pas vécu de telle expériences, mais il me semble que je pourrais. J’ai surmonté un AVC où j’aurais pu mourir et je vis for bien maintenant. Après cet
    AVC, je me suis découvert un goût prononcé pour la peinture et la spiritualité devient pour moi un art de vivre…

  2. Coucou Dominique,
    J’aime ce texte et je vais le partager et tu sais pourquoi ? Parce que tu t’y engages, tu partages, tu parles de toi et tu fais profiter de ton expérience de vie aux autres … bien sûr tu le fais
    régulièrement mais beaucoup de « beaux textes » inspirants remplacent souvent ce que tu as en toi. Ah Ah déjà le changement de photo il y a un petit moment, et maintenant cette « livraison » de toi,
    moi j’aime et surtout pour toi, oui oui tu es en train de guérir de ta blessure de rejet et de plus en plus de monde vont se coller à toi lol !!! Tiens je te fais un gros câlin, je t’embrasse et je
    souris de te voir si belle !! Je me demande si beaucoup d’enfants de notre génération sont vraiment le fruit de l’amour mais nous, nous avons choisi nos parents, nous avons choisi ce chemin et nous
    pouvons aimer et être aimés. Belle journée à toi ! Elisabeth, alias revelessencedesoi

  3. Il s’appelait Pascal.
    Je l’ai aimé en janvier 2010. Et nous avons partagé cet amour jusqu’en octobre, où il a opté pour un éloignement… et il m’a abandonnée… C’est ce que je croyais !
    En réalité, il est mort dans un accident de la route le 4 novembre. Je pense avoir été son dernier amour.
    Aimer signifie confiance, et même si j’avais tous les moyens de communiquer, j’ai respecté son silence, et j’ai avalé ma douleur. Je ne lui en ai même pas voulu de m’avoir laissé tomber comme il
    l’a fait.
    Nous étions illégitimes. Moi, libre, lui marié… Impossible de le joindre sans risquer de le mettre en danger, et je me suis tenue, parfois avec beaucoup de force, parfois avec la foi. Je lui avais
    dit, quoi qu’il t’arrive, je ne le saurai jamais, nous n’avons aucun ami commun et nous nous cachons… Personne ne te dira rien, personne ne me dira rien !
    Et en effet, il est mor sans que je le sache, ceci expliquait son silence, son abandon. Et pour son anniversaire, j’ai voulu me faire un cadeau, le cadeau de l’entendre, de lui dire encore combien
    il avait compté… et là, j’ai appris !
    Un an après, j’ai appris ! J’ai douté de ce que j’ai lu et suis entrée en contact ave la personne qui avait annoncé son départ et je suis allée parler (par internet) avec cette femme qu’il avait
    aimée aussi, bien avant moi, et qui se souvenait… et nous nous sommes confiées, et nous sommes devenues amies, depuis une dizaine de jours.
    J’avais tourné la page de Pascal, rencontré un autre homme, à qui j’avais dit la valeur de Pascal dans ma vie, car il m’a beaucoup apporté, cet homme. On n’aime pas juste pour le sexe, dans mon
    cœur et je partageais beaucoup de spiritualité avec lui… Même si il ne partageait pas ma vision de ce qui se passe après la mort !
    Depuis juin, j’ai des signes, je pense à lui, plus qu’avant, certains symboles qui sont nos petits codes à deux sont apparus, les mésanges en particulier que j’ai commencé à voir, et puis, lorsque
    j’ai appris sa mort, il m’a bombardée de signes, de paroles que d’autres me disaient, des codes encore qui disaient combien j’avais compté, sa peine et le pardon de m’avoir laissée si seule…
    Alors la mort de Pascal, c’est une tristesse sans nom une coupure définitive, je ne verrai plus jamais ses yeux bleus ni entendra sa voix grave et si affectueuse… mais il a trouvé les moyens
    techniques pour venir me dire tout ce qu’il ne m’avait pas dit de son vivant, j’ai pu lui redire l’importance qu’il avait eue, des choses que je n’avais pas dites pour ne pas l’influencer,
    l’obliger, bref… Cette mort est une preuve de son affection de son respect et de sa valeur. Et ces messages reçus de l’au-delà, je les emporterai, lorsque moi aussi, je partirai de l’autre
    côté…
    Pascal va retourne dans le monde des morts, mais encore une fois, il a été présent pour moi, et m’a offert le meilleur que je sais de lui, ce que de son vivant il ne pouvait me donner…
    Alors je dis que quand on meurt, ça ne s’arrête pas… et que l’amour est plus fort que la mort ! L’amour maternel pour toi, Dominique, et cet amour que j’ai eu pour Pascal, court dans le temps mais
    si dense et si important pour mon évolution.

    Merci, ton article m’a beaucoup touchée.

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